Afrique de l’Ouest : l’agriculture crée emplois et sécurité alimentaire
Afrique de l’Ouest : l’agriculture crée emplois et sécurité alimentaire
Afrique de l’Ouest : l’agriculture crée emplois et sécurité alimentaire
Au Sénégal, en Gambie et en Guinée, trois programmes phares transforment les économies rurales. Objectif : plus de productivité, un meilleur accès aux marchés et une croissance inclusive.
Une vision commune pour les zones rurales
Trois pays d’Afrique de l’Ouest avancent avec une même ambition : faire de l’agriculture un moteur d’emplois, de revenus et de sécurité alimentaire. Les projets soutenus par le Groupe de la Banque mondiale et ses partenaires misent sur la productivité, l’accès aux marchés et l’inclusion des femmes et des jeunes.
Sénégal : assurance climatique et semences de qualité
Plus de 350 000 agriculteurs soutenus
Entre 2020 et 2025, plus de 350 000 agriculteurs, dont 45 % de femmes, ont reçu des outils et des services de soutien. La mortalité des petits ruminants a reculé de 13 % en 2024, tandis que les rendements du maïs ont atteint 3 tonnes par hectare en 2025.
835 000 producteurs couverts contre la sécheresse
Plus de 835 000 cultivateurs et éleveurs bénéficient d’une assurance indicielle contre la sécheresse et les déficits pluviométriques. Un organisme de régulation du système de récépissés d’entrepôt a été créé et 100 entrepôts ont été agréés.
Gambie : le pari des subventions de contrepartie
+78 % de ventes depuis le lancement
Les ventes des bénéficiaires ont progressé de 78 % depuis le lancement du projet. Plus de 53 000 agriculteurs ont adopté des pratiques climato-intelligentes et reçu des outils et services de soutien.
1 000 tonnes de semences améliorées distribuées
Plus de 1 000 tonnes de semences améliorées de riz et de maïs ont été distribuées à plus de 57 000 agriculteurs, dont 66 % de femmes et 23 % de jeunes, via une plateforme numérique. S’y ajoutent 15 000 tonnes d’engrais subventionnés.
400 entreprises agroalimentaires soutenues
Le programme de subventions de contrepartie a appuyé plus de 400 entreprises agroalimentaires, dont 19 PME et 74 coopératives. Quatre plateformes numériques sont opérationnelles.
Guinée : emplois et exportation de fonio
15 000 emplois créés
Environ 15 000 emplois ont été créés, dont près de 5 000 destinés aux femmes. Près de 50 000 ménages ruraux ont bénéficié de nouvelles possibilités de revenus.
600 tonnes de fonio exportées vers l’Europe
Entre 2021 et 2024, 600 tonnes de fonio ont été exportées vers l’Europe. Des subventions de contrepartie favorisent l’intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur.
Le défi : compétitivité, climat et financement
Les secteurs agricole et agro-industriel pâtissent de multiples obstacles : faible productivité, accès limité aux intrants de qualité et à l’irrigation, organisations d’agriculteurs fragiles, lacunes post-récolte et logistiques, contrôles qualité insuffisants, accès limité au financement et risques climatiques croissants.
L’approche du Groupe de la Banque mondiale
Sénégal
Avec le FIDA, le programme a élargi l’accès aux semences de qualité, aux services vétérinaires et aux outils de gestion des risques climatiques. Le financement axé sur les résultats a développé la production semencière et réduit les pertes animales.
Gambie
Le projet transforme l’agriculture et l’économie rurale en créant des emplois, en augmentant les revenus et en réduisant l’insécurité alimentaire. Il s’appuie sur les acquis de l’AFD, de la BAD, de l’Union européenne, de la FAO, de la Banque islamique de développement et du FIDA.
Guinée
Les subventions de contrepartie favorisent l’intégration des petits exploitants. L’appui de l’IFC et de la Banque mondiale a attiré des investissements privés et permis la création, en 2023, du Fonds de garanties des prêts aux entreprises.
Des résultats en emplois et en revenus
En Guinée, environ 15 000 emplois ont été créés, dont 5 000 occupés par des femmes. En Gambie, les subventions de contrepartie ont soutenu plus de 400 entreprises agroalimentaires, avec plus de 1 000 emplois par an et 11,1 millions de dollars d’investissements mobilisés, dont 3,5 millions de capitaux privés. Au Sénégal, environ 350 000 agriculteurs ont reçu des outils et services agricoles.
Témoignages : « L’impossible est devenu possible »
-
« Chaque volaille vendue nourrit désormais bien plus que ma seule famille. Elle soutient tout un réseau de jeunes. » — Pa Omar Touray, 32 ans, Gambie.
-
« Le projet GIRAV a amélioré les activités et les sources de revenus de GIKAY Farms, mais aussi les moyens de subsistance de la communauté. » — Muhammed Jawara, Gambie.
-
« Notre chiffre d’affaires est passé d’environ 8,5 millions de dalasis en 2023 à près de 26 millions. » — Ousainou Jallow, SIG Farm, Gambie.
-
« L’impossible est devenu possible. » — Bassam Mehri, BMI Farm, Guinée.
-
« Quand on donne aux femmes les moyens d’agir, elles transforment bien plus que des cultures vivrières. » — Dr Saran Keita, coopérative Amidjor, Guinée.
Enseignements : appropriation nationale et secteur privé
Le financement axé sur les résultats peut catalyser des réformes structurelles, à condition qu’il existe une forte appropriation nationale et une volonté politique affirmée. Des subventions de contrepartie transparentes et compétitives peuvent amplifier les investissements productifs. Pour développer l’agro-industrie à grande échelle, le secteur privé doit être pleinement associé.
Prochaines étapes : AgriConnect et FSRP
Au Sénégal, le programme FSRP et AgriConnect s’appuient sur les réalisations pour soutenir les petits exploitants et les PME. Objectif : réduire l’insécurité alimentaire de 25 %, financer 1 400 projets d’investissement privé et créer 800 000 emplois.
En Gambie, deux centres logistiques sont en construction. Le dispositif de subventions de contrepartie sera étendu. En Guinée, un projet pilote avec Rio Tinto devrait générer 400 emplois directs et 200 emplois indirects.
Lire aussi: