Forum Mondial de la Mer 2026 à Bizerte : agir contre la pollution plastique en Méditerranée
Forum Mondial de la Mer 2026 à Bizerte : agir contre la pollution plastique en Méditerranée
Forum Mondial de la Mer 2026 à Bizerte : agir contre la pollution plastique en Méditerranée
Le 9e Forum Mondial de la Mer se tient à Bizerte les 24 et 25 septembre 2026. Objectif : construire un accord programmatique pour une Méditerranée sans plastique.
À Bizerte, le 9e Forum Mondial de la Mer appelle à agir pour une Méditerranée sans plastique
Bizerte, 24-25 septembre 2026 — Alors que la Méditerranée ne représente que 1 % de la surface de l’océan mondial, elle concentre 7 % des microplastiques de la planète. Face à ce constat alarmant, le 9e Forum Mondial de la Mer, organisé à Bizerte, veut sonner l’alerte et poser les bases d’un accord programmatique pour une Méditerranée sans plastique.
La Méditerranée, miroir grossissant de la crise plastique
Mer fermée, fortement soumise au réchauffement, la Méditerranée subit de plein fouet la pollution plastique. Chaque année, 230 000 tonnes de plastique transforment cet espace de vie en un piège mortel pour 17 000 espèces endémiques.
Le constat est d’autant plus préoccupant que la Méditerranée abrite une biodiversité unique. La pollution plastique ne se contente pas de dégrader les paysages : elle s’infiltre dans les chaînes alimentaires et menace directement les écosystèmes marins.
À l’échelle mondiale, une production qui étouffe les océans
La situation méditerranéenne s’inscrit dans une crise globale. En 2024, 500 millions de tonnes de plastique ont été produites dans le monde, dont plus de 10 millions de tonnes ont fini dans la mer. Le rythme de production pourrait atteindre 1 milliard de tonnes en 2050, avec une perspective de 20 à 30 millions de tonnes de déchets plastiques rejetés chaque année dans l’océan.
Chaque minute, l’équivalent d’un camion de déchets plastiques est déversé en mer. Résultat : des concentrations records de deux millions de microplastiques et nanoplastiques par kilomètre carré, que l’on retrouve jusque dans les organismes animaux et humains.
Un traité international encore en suspens
Depuis 2022, les États membres des Nations Unies ont entamé des négociations sur un traité visant à mettre fin à la pollution plastique. Après sept réunions successives, les discussions restent toutefois incertaines et infructueuses.
Dans ce contexte, la Méditerranée, l’une des mers les plus affectées par ce fléau, peut ou doit sonner l’alerte. Et montrer l’exemple.
Prévenir plutôt que dépolluer : le pari de la stratégie préventive
Les constats ne manquent pas. Le Plan Bleu alerte depuis longtemps sur les limites du modèle de développement actuel. La Convention de Barcelone et ses protocoles relatifs à la pollution provenant de sources terrestres ont également appelé à la raison producteurs et utilisateurs de plastique.
Un chiffre résume l’enjeu : prévenir la pollution coûte dix fois moins cher que de dépolluer. Pourtant, les lobbys des énergies fossiles s’opposent à une réduction de la production et prônent un traité tourné autour du recyclage. Or, moins de 20 % des plastiques sont recyclés dans le monde, et la production pourrait tripler d’ici 2060 selon l’OCDE.
À la logique curative, centrée sur des opérations de nettoyage coûteuses et symboliques, s’oppose une stratégie préventive intégrée. Celle-ci ouvre de véritables opportunités plus soutenables et réalistes à long terme, tout en permettant à de nouveaux marchés alternatifs aux plastiques de se développer.
Bizerte, laboratoire d’un accord programmatique
Sur le chemin vers un indispensable traité international, il est crucial de valoriser les opportunités positives qu’il présente pour tous les acteurs. Dans le bassin méditerranéen, des représentants de la société civile, des scientifiques, des responsables de collectivités territoriales et des entrepreneurs engagés souhaitent rassembler les acteurs de bonne volonté.
Leur objectif : un accord programmatique couvrant le cycle de vie complet des plastiques, y compris les phases de conception, de production et d’élimination. Le Forum de Bizerte se propose d’être cet espace de construction d’une telle collaboration et de soumettre un agenda réaliste de « déplastification » du bassin méditerranéen.
Un agenda réaliste pour le bassin méditerranéen
S’il ne pourrait être, dans un premier temps, juridiquement contraignant, cet accord a pour ambition de montrer que les États, les élus, les entrepreneurs et les représentants de la société civile peuvent, ensemble, à l’échelle d’un bassin maritime historique, être le laboratoire d’un océan débarrassé d’un poison mortifère.
Au nom de la survie du vivant, le 9e Forum Mondial de la Mer veut ainsi transformer l’alerte en action collective. La Méditerranée, souvent décrite comme un laboratoire du changement global, pourrait cette fois devenir un modèle de mobilisation contre la pollution plastique.
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