Économie tunisienne : le grand écart entre une Bourse flamboyante et un crédit à bout de souffle
Économie tunisienne : le grand écart entre une Bourse flamboyante et un crédit à bout de souffle
Économie tunisienne : le grand écart entre une Bourse flamboyante et un crédit à bout de souffle
La Tunisie offre en 2026 le visage d’une économie à deux vitesses. D’un côté, une Bourse de Tunis en pleine effervescence, portée par des performances historiques.
De l’autre, un crédit bancaire qui progresse à peine, freiné par la prudence des banques et la morosité de la demande. Le Comité de surveillance macroprudentielle de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a dressé, le 27 août 2026, un état des lieux sans concession de ce système financier contrasté.
Des banques solides, mais un crédit en panne
Sur le plan prudentiel, le secteur bancaire tunisien affiche une santé apparente. À fin mars 2026, le ratio moyen de solvabilité s’établissait à 15,2 %, tandis que le ratio Tier 1 atteignait 12,2 %, offrant aux banques une marge de fonds propres de 5 %. Leur position de liquidité est jugée satisfaisante.
Pourtant, cette solidité contraste avec la langueur de l’activité de crédit. Au cours du premier semestre 2026, les crédits n’ont augmenté que de 1,3 %, une évolution que le Comité rattache notamment à la faiblesse des crédits accordés au secteur privé et aux particuliers. Autre signal à surveiller : la part des actifs non performants dans le total des engagements bancaires est passée de 14,9 % à fin 2025 à 15,1 % à fin juin 2026, une hausse limitée mais qui intervient dans un contexte de financement peu dynamique.
La Bourse, locomotive de la finance tunisienne
Le contraste est saisissant avec le marché financier. À fin juillet 2026, le Tunindex affichait une progression de 49 % depuis le début de l’année, tandis que le volume des échanges sur la cote augmentait de 60,9 % par rapport à la même période de 2025. Les OPCVM ont suivi le mouvement, leurs actifs nets progressant de 35,1 % pour atteindre près de 11,48 milliards de dinars à fin juillet.
Le marché primaire est en revanche moins dynamique : les émissions ont reculé de 5,8 % en mai 2026 en glissement annuel, à environ 5,33 milliards de dinars, et restent largement concentrées sur les émissions du Trésor.
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