Avion 18 h, Paris → Tunis. À bord : PDG, fondateurs, talents globaux. Après des années de fuite des cerveaux, un mouvement inverse se dessine : le brain gain. Selon l’ATUGE 2025, 20 % des expatriés envisagent de revenir, dont 25 % pour créer ou investir. Ce retour ne concerne pas seulement des individus : il transforme la manière de travailler, le financement et l’écosystème startup tunisien.
Ce que les « Repats » apportent réellement
Le retour des repatriés ne se limite pas à la présence physique. Il s’agit d’un transfert de compétences, de capital et de réseaux qui change la donne pour les startups locales.
Culture de travail
- Méritocratie et rigueur : chaque tâche est orientée résultats.
- Transfert des méthodes anglo-saxonnes : planification, suivi et productivité.
- Standardisation des processus → équipes plus efficaces, projets mieux exécutés.
Réseaux et marchés
- Accès direct à des contacts internationaux (US, Europe, Afrique).
- Startups conçues pour le marché global, pas uniquement pour Tunis.
- Exemple : WildyNess a levé des fonds via l’African Diaspora Network, s’exportant sur trois continents.
Capital et financement
- Apport en devises personnelles, rapide et flexible.
- Effet multiplicateur sur les levées de fonds locales et internationales.
- Contournement du système bancaire tunisien, souvent lent et complexe.
Portraits qui frappent
Ces exemples montrent l’impact concret des repats sur l’économie tech tunisienne :
- Sam Lamiri – Lamiri Harissa
- Londres → Tunis. PME exportatrice, structuration globale, certification internationale.
- Fondateurs d’AquaDeep
- IA appliquée à l’aquaculture. Levées de fonds multi-continent : Europe, US, Afrique.
- Entrepreneurs du Lac 2
- Ex Google, Meta, banques londoniennes. Startups fintech et data science.
- Recrutement local selon des standards internationaux.
Blocages concrets
Malgré le potentiel, le retour reste compliqué :
- Banques : transferts de fonds et comptes en devises difficiles.
- Choc culturel inversé : lenteur administrative et incompréhension locale.
- Familles : écoles internationales saturées et coûteuses.
- Infrastructures : bureaux et coworking limités, Internet parfois instable.
Impact stratégique
Le retour des repats transforme l’écosystème :
- Création d’emplois qualifiés et montée en compétences locales.
- Exportation de services à haute valeur ajoutée.
- Structuration des startups : levées de fonds, mentors, organisation globale.
- La Tunisie passe d’exportatrice de talents à importatrice stratégique de compétences.
Pourquoi c’est vital
Chaque repatrié devient un catalyseur :
- Effet levier direct sur startups locales : réseau + capital + savoir-faire.
- Accélération de l’innovation et crédibilité internationale.
- Renforcement de la compétitivité du Dinar grâce aux services tech exportés.
- Pose les bases d’une économie tech globale, pas seulement locale.