Tunisie : 85 % des infirmiers quittent le pays pour de meilleurs salaires

Une hémorragie silencieuse du personnel médical tunisien

La Tunisie perd ses talents médicaux. Médecins, infirmiers et personnels paramédicaux s’installent à l’étranger pour chercher des salaires plus élevés et de meilleures conditions de vie.

Selon une étude de l’Institut national de santé et de sécurité au travail publiée en janvier 2026 :

  • 84,6 % des infirmiers émigrent à cause de salaires jugés insuffisants
  • 76,9 % cherchent à améliorer leur quotidien

L’étude, menée par des médecins du travail des hôpitaux Habib Thameur (Tunis) et régional de Zaghouan, analyse 52 professionnels partis depuis au moins six mois, entre mars et avril 2024.

Profil de l’échantillon :

  • 31 hommes, 21 femmes
  • 27 mariés, 22 célibataires
  • Ancienneté professionnelle : 1 à 10 ans
  • Âge moyen : 33,4 ans

Secteurs et spécialités les plus touchés

  • 92 % proviennent du secteur public
  • Répartition par service :
    • Urgences : 17
    • Anesthésie-réanimation : 15
    • Médecine : 8
    • Chirurgie : 8

Facteurs d’émigration déclarés :

  • Salaires insuffisants : 84,6 %
  • Recherche de meilleures conditions de vie : 59,6 %
  • Absence d’évolution professionnelle : 57,7 %
  • Conditions de travail éprouvantes : 53,8 %
  • Manque de reconnaissance : 38,5 %

L’analyse montre que le départ n’est pas seulement financier. Les conditions de travail, la reconnaissance professionnelle et la qualité de vie jouent un rôle décisif.

Destinations privilégiées : l’Europe en tête

  • Allemagne : 40,4 %
  • Canada : 28,8 %
  • Italie : 21,2 %

L’attrait européen reste dominant, confirmant la tendance historique d’une migration professionnelle des talents médicaux tunisiens vers des pays offrant des perspectives financières et personnelles plus stables.

Analyse et perspectives

  • La fuite des infirmiers menace le système de santé public tunisien, en particulier les services d’urgence et de réanimation.
  • Les départs touchent majoritairement les jeunes professionnels, souvent en situation familiale, ce qui révèle un impact direct sur la dynamique sociale et la démographie professionnelle.
  • Les décideurs doivent envisager des politiques salariales et de reconnaissance adaptées pour stabiliser le capital humain.

Exemple chiffré : si la tendance se maintient, 9 infirmiers sur 10 dans le public pourraient quitter le pays d’ici 2030, aggravant la pénurie et augmentant la pression sur ceux restants.

Bullet points clés

  • Âge moyen des émigrés : 33,4 ans
  • Sexe : majorité masculine (31 sur 52)
  • Départs : 92 % secteur public
  • Principaux motifs : salaires faibles, conditions de vie, manque d’évolution
  • Destinations principales : Allemagne, Canada, Italie

Une fuite qui coûte cher

La Tunisie fait face à une crise silencieuse mais structurante : ses talents médicaux s’expatrient pour des motifs économiques et qualitatifs. Sans action immédiate sur les salaires, les conditions de travail et la reconnaissance, le système de santé public risque une perte irréversible de compétence et de performance.

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