Frais bancaires en Tunisie : quand un compte courant devient un luxe
En 2026, ouvrir ou maintenir un compte courant en Tunisie coûte désormais entre 200 et 300 dinars par an. Cette hausse brutale résulte de la fin d’une mesure de protection de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Pour les citoyens et les investisseurs, le signal est clair : le bouclier social sur les frais bancaires a disparu, révélant un marché financier peu transparent et coûteux.
Fin du bouclier social : l’impact direct sur les comptes
- Circulaire de janvier 2024 : plafonnait les frais de tenue de compte à 3 dinars par mois pour les salariés gagnant moins de 1 500 dinars.
- Expiration en février 2025 : coût moyen des comptes multiplié par quatre, atteignant 200 à 300 dinars par an.
- Exemple concret : un salarié touchant 1 200 dinars par mois payait auparavant 36 dinars par an ; il en dépense désormais plus de 200 dinars.
Insight historique : cette mesure visait à limiter la pression financière sur les classes moyennes et modestes. Sa suppression expose les consommateurs à la volatilité des tarifs bancaires et à un renchérissement direct du coût de la vie.
Manque de transparence : banques publiques vs privées
- Banques publiques : affichent clairement leurs tarifs sur leurs sites officiels.
- Banques privées : certaines pratiquent des grilles tarifaires peu lisibles, dénoncées par l’Observatoire des Services Financiers (OSF).
- Conséquence : les clients découvrent souvent les hausses à travers leurs relevés mensuels, sans préavis.
Selon l’OSF, 30 % des clients des banques privées n’avaient pas été informés de l’augmentation de leurs frais avant la facturation.
Déficit de communication : l’usager face au fait accompli
- Les changements tarifaires sont rarement expliqués en amont.
- Les clients subissent des hausses sans justification claire.
- Cette opacité crée méfiance et insatisfaction, affectant la perception de stabilité du système bancaire tunisien.
Un détenteur de compte à la Banque de Tunisie a constaté un prélèvement annuel de 250 dinars, soit plus de huit fois le tarif précédent, sans aucune notification préalable.
Conséquences et perspectives
- Pression accrue sur les salariés et les petites entreprises.
- Risque d’exode vers les banques digitales ou les fintech locales pour réduire les coûts.
- Nécessité, pour les décideurs et les investisseurs, de suivre l’évolution réglementaire et la stratégie tarifaire des banques tunisiennes.
Les frais bancaires deviennent un indicateur clé pour mesurer la santé et la transparence du système financier tunisien.
Comptes courants en Tunisie : quand la facture explose
La fin du bouclier social et le manque de transparence transforment les comptes courants en Tunisie en un produit coûteux et complexe. Les citoyens doivent désormais comparer attentivement les offres, tandis que les banques sont sous pression pour rétablir la confiance et la clarté. Pour les investisseurs et les acteurs économiques, cette dynamique annonce une recomposition du marché bancaire et une opportunité pour les solutions numériques alternatives.