Huile d’olive tunisienne : Bruxelles refuse d’augmenter les quotas d’exportation vers l’UE

Une demande tunisienne qui se heurte à un refus européen

La Tunisie voulait rouvrir un dossier stratégique : l’accès de son huile d’olive au marché européen.
La réponse de Bruxelles est claire : pas de nouvelles concessions commerciales.

Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a confirmé cette position dans une lettre adressée aux organisations agricoles italiennes Coldiretti et Filiera Italia.

Conclusion directe :
l’Union européenne ne prévoit aucune augmentation du quota d’huile d’olive tunisienne importée sans droits de douane.

Pour un pays dont l’huile d’olive représente l’un des principaux produits agricoles d’exportation, le signal est important.

Le quota actuel : 56 700 tonnes sans droits de douane

Aujourd’hui, l’accord commercial entre la Tunisie et l’Union européenne prévoit un contingent annuel précis.

Chiffre clé :

  • 56 700 tonnes d’huile d’olive tunisienne peuvent entrer chaque année dans l’UE sans droits de douane.

Au-delà de ce volume :

  • les exportations tunisiennes sont soumise aux tarifs douaniers européens

  • ce qui réduit fortement leur compétitivité.

Ce mécanisme découle du protocole agricole de l’accord d’association UE-Tunisie, signé en 1995 puis ajusté à plusieurs reprises.

La Tunisie voulait renégocier l’accord agricole

Fin janvier, les autorités tunisiennes ont demandé à la Commission européenne d’examiner une révision du protocole agricole.

Objectif :

  • augmenter le quota d’huile d’olive exportée sans taxes

  • améliorer l’accès au marché européen

Cette demande s’inscrit dans une logique économique simple.

L’Union européenne est :

  • le premier marché pour l’huile d’olive tunisienne

  • une destination pour plus de 60 % des exportations du secteur certaines années

Dans les bonnes campagnes agricoles, la Tunisie peut produire :

  • 300 000 à 350 000 tonnes d’huile d’olive

Or, l’accès préférentiel à l’Europe reste limité à 56 700 tonnes.

Les producteurs italiens font pression

Le refus européen ne tombe pas par hasard.

En Italie, les organisations agricoles se mobilisent depuis plusieurs années contre une augmentation des importations d’huile d’olive tunisienne.

Parmi les arguments avancés :

  • concurrence sur les prix

  • protection des producteurs européens

  • stabilité du marché intérieur

Les organisations Coldiretti et Filiera Italia ont intensifié leur lobbying à Bruxelles.

La réponse du commissaire européen s’inscrit clairement dans ce contexte politique.

Un marché européen déjà très sensible

Le marché européen de l’huile d’olive est dominé par trois producteurs majeurs :

  • Espagne

  • Italie

  • Grèce

À eux seuls, ils représentent environ :

  • 70 à 75 % de la production mondiale certaines années.

Mais la production européenne reste très volatile, dépendante du climat.

Exemple récent :

  • en 2022-2023, la sécheresse en Espagne a provoqué une chute de production

  • les prix de l’huile d’olive ont atteint des niveaux record en Europe

Dans ces périodes de tension, les importations tunisiennes deviennent stratégiques pour l’approvisionnement.

Un secteur stratégique pour l’économie tunisienne

L’huile d’olive reste un pilier de l’économie agricole tunisienne.

Quelques repères :

  • plus de 300 000 agriculteurs impliqués dans la filière

  • environ 1,8 million d’hectares d’oliviers

  • la Tunisie figure régulièrement parmi les 4 premiers exportateurs mondiaux

Lors des grandes campagnes, les exportations peuvent dépasser :

  • 2 milliards de dinars de recettes

L’accès au marché européen reste donc un enjeu central pour :

  • les producteurs

  • les exportateurs

  • les recettes en devises du pays.

Ce que révèle la décision de Bruxelles

Le refus d’augmenter les quotas envoie trois messages économiques.

1. Protection du marché agricole européen

L’UE reste très prudente dès qu’il s’agit d’ouvrir davantage son marché agricole.

2. Poids du lobbying agricole

Les organisations professionnelles européennes influencent fortement les décisions commerciales.

3. Limites du cadre actuel UE-Tunisie

L’accord d’association offre un accès préférentiel, mais dans des limites strictes.

Une question stratégique pour l’avenir des exportations tunisiennes

Face à ces limites, plusieurs pistes se dessinent pour la filière tunisienne :

  • diversifier les marchés (États-Unis, Asie, Moyen-Orient)

  • augmenter la part d’huile conditionnée plutôt que le vrac

  • développer des labels premium et traçables

Aujourd’hui, une grande partie de l’huile tunisienne est encore exportée en vrac, puis reconditionnée en Europe.

La valeur ajoutée finale échappe souvent aux producteurs tunisiens.

Un plafond européen qui force la Tunisie à changer de stratégie

La position de la Commission européenne ferme la porte à court terme à une augmentation des quotas d’huile d’olive tunisienne.

Le contingent de 56 700 tonnes reste inchangé.

Pour la Tunisie, la question dépasse la simple négociation commerciale.
Elle touche à un enjeu plus large :

transformer une puissance agricole en véritable puissance agro-industrielle exportatrice.

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