Inondations en Tunisie : 395,6 MD en 2026 pour renforcer la protection et réduire le risque climatique

Les inondations ne sont plus des épisodes exceptionnels en Tunisie. Elles sont devenues un risque structurel.

Janvier 2026 l’a rappelé : pluies intenses, routes coupées, quartiers sous pression.

La réponse budgétaire est claire : 395,6 millions de dinars mobilisés en 2026 pour la protection contre les inondations.

Ce chiffre n’est pas symbolique. Il traduit un repositionnement stratégique face au risque climatique, à l’urbanisation rapide et aux défaillances d’entretien accumulées.

Budget 2026 : 395,6 millions de dinars pour la protection contre les inondations

Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat engage en 2026 :

395,6 millions de dinars
→ Budget total dédié aux projets de protection contre les inondations.

Dans le détail :

220 millions de dinars
→ Chantiers majeurs :

  • Protection du nord et de l’est de Tunis

  • Aménagement de l’oued Gabès

37 millions de dinars
→ Curage et nettoyage prévus en 2026 :

  • 3 800 km de canaux

  • 70 hectares de bassins

22,6 millions de dinars
→ Réparations urgentes suite aux pluies des 19 et 20 janvier 2026

Lecture économique

On n’est plus dans la gestion ponctuelle. On passe à une logique d’investissement massif en infrastructures hydrauliques.

29 projets en cours, 39 études : la carte nationale du risque

L’effort n’est pas concentré sur une seule région.

  • 29 projets actuellement en phase de réalisation

  • Répartition dans plusieurs gouvernorats

En parallèle :

  • 39 études techniques

  • Couvrant les 24 gouvernorats

  • Pour un montant total de 13,8 millions de dinars

Objectifs affichés :

  • Sécuriser les zones urbaines

  • Prévenir les crues

  • Protéger les habitants et les biens

  • Réduire l’exposition au risque climatique

C’est un indicateur important : l’État cartographie désormais le risque à l’échelle nationale, et non plus seulement après catastrophe.

Entretien 2025 : des chiffres solides, mais une pression croissante

Avant même le budget 2026, l’année 2025 avait montré une activité soutenue :

  • 3 640 kilomètres de canaux et d’oueds curés

  • 70 hectares de bassins de rétention nettoyés

  • 36 millions de dinars engagés

Le volume d’entretien progresse.

Mais la pression augmente plus vite :

  • Urbanisation rapide

  • Artificialisation des sols

  • Intensification des épisodes pluvieux

Le modèle historique de drainage est sous tension.

Le facteur bloquant : déchets et inefficacité hydraulique

Le ministre Salah Zouari a pointé un problème structurel : le dépôt sauvage de déchets dans les ouvrages hydrauliques.

Concrètement :

  • Canaux obstrués

  • Capacité d’écoulement réduite

  • Surcoûts d’entretien

  • Risque accru d’inondations locales

Un bassin mal entretenu peut perdre une part significative de sa capacité réelle.

L’investissement public ne suffit pas si la maintenance est compromise en amont.

Infrastructures hydrauliques : un enjeu économique, pas seulement environnemental

Les inondations ne sont pas qu’un problème climatique.

Elles affectent :

  • La logistique urbaine

  • La productivité

  • La valeur immobilière

  • Les assurances

  • Les finances publiques

Chaque dinar investi en prévention réduit potentiellement plusieurs dinars de dégâts futurs.

Dans une économie sous contrainte budgétaire, la protection contre les inondations devient un arbitrage stratégique, pas un simple poste technique.

Changement d’échelle ou réaction conjoncturelle ?

Les éléments montrent :

  • Une mobilisation budgétaire forte

  • Une approche multi-régionale

  • Une intégration études + exécution

  • Une accélération après des événements extrêmes

Reste une question clé :
L’effort sera-t-il maintenu sur plusieurs cycles budgétaires ?

La résilience climatique ne se construit pas en un seul exercice fiscal.

2026, année test pour la gestion du risque climatique en Tunisie

395,6 millions de dinars.

Le signal est clair.

La Tunisie engage un investissement conséquent dans la gestion des inondations, le renforcement des infrastructures hydrauliques et la réduction du risque climatique.

Le défi, désormais :

  • Exécution rapide

  • Suivi rigoureux

  • Discipline environnementale

  • Maintenance durable

La crédibilité se jouera sur le terrain, pas dans les lignes budgétaires.