En Tunisie, l’inflation repart légèrement à la hausse.
Selon les dernières données publiées par l’Institut National de la Statistique (INS), le taux d’inflation atteint 5 % en février 2026, contre 4,8 % en janvier.
Une progression modérée en apparence. Mais derrière ce chiffre global, la pression reste forte sur l’alimentation, en particulier les produits frais, qui pèsent directement sur le budget des ménages.
L’analyse détaillée de l’INS montre un schéma désormais classique : l’alimentaire tire l’inflation, tandis que les prix administrés restent quasiment stables.
L’alimentation tire l’inflation en Tunisie
Le groupe “Alimentation et boissons” est de loin le principal moteur de la hausse des prix.
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Inflation alimentaire : +6,7 %
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Janvier 2026 : +5,9 %
Certaines catégories enregistrent des hausses particulièrement marquées.
Les produits frais flambent
Plusieurs produits de consommation courante ont fortement augmenté :
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Fruits frais : +19,4 %
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Viande d’agneau : +16,3 %
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Poissons frais : +14 %
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Volaille : +12,8 %
Ces hausses s’expliquent par plusieurs facteurs :
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saisonnalité de l’offre agricole
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coûts de production élevés
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tension persistante sur certaines filières alimentaires
Dans un pays où l’alimentation représente près de 29 % du panier de consommation utilisé pour calculer l’inflation, l’impact sur l’indice général est immédiat.
Une baisse notable sur les huiles alimentaires
Tous les produits alimentaires ne suivent pas la même tendance.
Les huiles alimentaires enregistrent une correction importante :
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−10,3 %
Cette baisse s’explique principalement par l’amélioration des disponibilités sur le marché et l’évolution des prix internationaux des huiles végétales.
Habillement et services : des dynamiques contrastées
Au-delà de l’alimentation, d’autres secteurs influencent l’évolution de l’inflation.
Habillement : un ralentissement de la hausse
Le secteur habillement et chaussures montre un léger apaisement.
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Inflation : +8,9 %
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Janvier : +10 %
Ce ralentissement peut s’expliquer par :
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les promotions saisonnières
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un ajustement après les hausses de début d’année
Malgré cette accalmie, le secteur reste parmi les plus inflationnistes.
Services : l’hébergement tire les prix vers le haut
Dans les services, la hausse reste modérée mais certains segments progressent rapidement.
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Inflation des services : +3,8 %
Le secteur le plus dynamique :
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Hébergement : +11,3 %
Cette évolution reflète la reprise progressive de l’activité touristique et l’augmentation des coûts d’exploitation dans l’hôtellerie.
Produits manufacturés : progression modérée
Les produits manufacturés enregistrent une hausse de :
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+4,6 %
Un segment contribue particulièrement à cette augmentation :
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Produits d’entretien ménager : +4,8 %
Ces hausses restent largement influencées par :
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le coût des importations
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la volatilité des matières premières
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les fluctuations du dinar
Inflation sous-jacente : un signal plus rassurant
Un indicateur clé surveillé par les économistes est l’inflation sous-jacente.
Cet indicateur exclut :
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les produits alimentaires
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l’énergie
En février 2026, il montre une légère amélioration :
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Janvier : 4,9 %
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Février : 4,6 %
Cette baisse indique que les tensions inflationnistes structurelles ralentissent, même si les produits alimentaires continuent de perturber l’indice global.
Prix libres vs prix encadrés : l’écart reste massif
Les données de l’INS mettent en évidence une différence nette entre deux catégories de produits.
Produits à prix libres
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Inflation : +7,6 %
Produits à prix administrés
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Inflation : +0,2 %
Cette divergence illustre l’effet des mécanismes de régulation de l’État, qui limitent la hausse sur certains produits stratégiques.
Mais elle montre aussi que la pression inflationniste reste forte dans les segments non régulés du marché.
Ce que révèle l’inflation en Tunisie en 2026
Trois enseignements ressortent clairement des données de février :
1. L’alimentation reste le principal moteur de l’inflation.
Les produits frais continuent de tirer les prix vers le haut.
2. L’inflation sous-jacente ralentit.
Un signal surveillé de près par les analystes et la banque centrale.
3. Les prix administrés amortissent une partie du choc.
Sans ces mécanismes, l’inflation globale serait probablement plus élevée.
Dans un contexte économique encore fragile, l’évolution des prix alimentaires, des coûts d’importation et de la politique de régulation des prix restera déterminante pour les prochains mois.