Tunisie et China + 1 : pourquoi le pays rate le train des investissements industriels

Tunisie et China + 1 : pourquoi le pays peine à attirer les investissements industriels

Pourquoi la Tunisie ne capte pas le “China +1” industriel — Analyse structurée prête à publier

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Tunisie, entre opportunité et réalité

La Tunisie a des atouts évidents pour attirer des industriels mondiaux : proximité de l’Europe, main‑d’œuvre qualifiée, héritage manufacturier.
Pourtant, elle ne s’impose ni comme un hub d’investissement chinois industrialisé, ni comme un relais significatif du mouvement “China + 1” — cette stratégie de diversification des chaînes de production hors de Chine qu’adoptent de plus en plus d’entreprises européennes et asiatiques.

Ce n’est pas une question d’absence de relations avec la Chine. C’est une question de qualité et d’intensité des investissements et des chaînes de valeur réellement implantés sur le terrain.

1) La Tunisie reste marginale comme destination industrielle chinoise

Données concrètes, pas de storytelling

  • En 2020, la Chine était seulement 35ᵉ source d’IDE en Tunisie.
    👉 ~12 entreprises actives pour ≈ 34 M $ d’investissements — un ordre de grandeur infime par rapport à la France ou à l’Allemagne.

  • La relation économique est plutôt commerciale qu’industrielle : la Tunisie importe massivement des biens manufacturés chinois mais exporte très peu vers la Chine.

La dynamique chinoise en Tunisie n’a pas encore franchi l’étape où des chaînes industrielles complexes (production, assemblage, export) y sont déployées.

2) Pas de “China + 1” parce que l’écosystème tunisien n’est pas encore aligné

Pour qu’un pays capte le mouvement China + 1, il faut :

  • Accords commerciaux solides avec les marchés finaux (UE, USA).

  • Infrastructures logistiques efficaces (port, chemins de fer, zones industrielles).

  • Climat réglementaire stable et incitations claires pour les investisseurs industriels exportateurs.

Où la Tunisie pêche

  • Le cadre juridique sur les partenariats public‑privé est considéré moins attractif que dans d’autres pays. 👉 Obstacle pour de gros projets structurants.

  • Bureaucratie, lenteurs administratives, incertitudes réglementaires sont des freins souvent mentionnés.

  • Les infrastructures logistiques tunisiennes — notamment les ports — ont progressé, mais ne rivalisent pas encore avec celles des hubs régionaux.

  • L’essentiel des IDE étrangers en Tunisie provient toujours de l’Union européenne, concentrés dans des industries traditionnelles (textile, mécanique, électronique).

👉 Conséquence : les industriels globaux voient davantage la Tunisie comme lieu d’assemblage ou marché local plutôt que comme plateforme exportante structurée.

 Le Maroc a construit un vrai hub industriel — la Tunisie non

Le Maroc n’est pas simplement un “voisin qui fait mieux”. Il a construit un cadre concret qui attire les industriels mondiaux, y compris chinois :

Accords commerciaux stratégiques

  • Accords de libre‑échange avec l’UE et les États‑Unis, rendant les produits marocains compétitifs sur les marchés finaux.
    C’est un facteur tangible qui attire les industriels qui veulent produire pour exporter.

Poids significatif des IDE chinois

  • Les projets d’IDE chinois au Maroc ont explosé :
    +150 % entre 2023 et 2024.
    ➤ Cela inclut des usines automobiles ou de batteries pour exporter vers l’Europe et l’Amérique.

Infrastructures orientées export

  • Le port de Tanger Med — un attracteur industriel majeur — alimente plusieurs chaînes logistiques globales.

Vision étatique alignée

  • Plans industriels clairs, zones franches, réformes du climat d’investissement.
     Cela crée prévisibilité et échelle, deux critères clés pour les investisseurs internationaux.

4) Des signes positifs en Tunisie, mais embryonnaires

Il y a de réels signaux :

  • Jetty Technologies a ouvert une ligne de production automobile à Borj Cédria, connectée à plusieurs constructeurs européens.

  • Tunis veut élargir ses relations commerciales et d’investissement avec la Chine, au‑delà des marchés traditionnels.

Ces mouvements sont constructifs, mais restent isolés par rapport à une dynamique China + 1 industrielle structurée.

Pourquoi ça compte pour le “China + 1”

China + 1 signifie que les entreprises cherchent une seconde base industrielle hors Chine pour réduire les risques géopolitiques, gérer les coûts et gagner des avantages commerciaux vers l’UE et les USA.

Pour en bénéficier, il faut :

  • Une exportabilité réelle vers de grands marchés.

  • Une chaîne de valeur complète sur le territoire.

  • Un environnement industriel compétitif.

Aujourd’hui seul le Maroc coche la majorité de ces cases de façon tangible.
La Tunisie en coche certaines, mais pas encore suffisamment ou systématiquement.

Diagnostic franc

  • ✔ La Tunisie n’est pas dépourvue d’atouts pour attirer des industriels internationaux.

  • ✖ Mais elle n’a pas encore les conditions structurelles (climat d’investissement, accords, infrastructures orientées export) qu’exigent les stratégies China + 1.

  • 📊 Le Maroc, lui, a réussi à attirer des capacités productives réelles, pas seulement des flux commerciaux.

Tunisie : opportunités présentes, mais écosystème pas encore prêt pour capter une vague industrielle globale en dehors des circuits commerciaux traditionnels.