Cinq pays africains concentrent à eux seuls la moitié du PIB du continent
L’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie et le Maroc représentent 50 % de la richesse produite en Afrique, selon les dernières projections pour 2027.
Alors que le continent africain affiche l’une des croissances économiques les plus dynamiques au monde, sa richesse reste largement concentrée entre les mains de cinq nations. Selon les projections pour 2027, l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie et le Maroc totalisent à elles seules près de la moitié du produit intérieur brut (PIB) de l’ensemble du continent. Une concentration qui interroge sur les disparités régionales et les défis de l’intégration économique africaine.
Un quintet économique qui pèse lourd dans la balance africaine
Sur les 54 pays que compte l’Union africaine, cinq économies majeures captent l’essentiel de la valeur ajoutée produite sur le continent. Ce club très fermé réunit trois nations d’Afrique du Nord – l’Égypte, l’Algérie et le Maroc – et deux puissances d’Afrique subsaharienne – l’Afrique du Sud et le Nigeria. Ensemble, ces pays représentent environ 50 % du PIB total de l’Afrique, selon les données disponibles pour 2027.
Cette prépondérance n’est pas nouvelle, mais elle interpelle dans un contexte où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ambitionne précisément de réduire les déséquilibres et de favoriser une croissance plus inclusive à l’échelle du continent.
Afrique du Sud : le géant australe reste en tête
L’Afrique du Sud conserve son rang de première économie du continent en 2027, devant l’Égypte. Le pays de l’arc-en-ciel, doté d’un secteur financier sophistiqué et d’une infrastructure industrielle développée, bénéficie également de vastes ressources minières – or, platine, chrome – qui nourrissent ses exportations.
Toutefois, cette position de leader est fragilisée par des défis structurels persistants : taux de chômage élevé, inégalités sociales criantes et crises récurrentes dans le secteur de l’énergie. La croissance sud-africaine, bien que positive, reste en deçà de son potentiel, ce qui ouvre la voie à un possible dépassement par l’Égypte dans les années à venir.
Égypte, Algérie, Maroc : la puissance nord-africaine
L’Afrique du Nord place trois de ses pays dans ce top 5, confirmant la vigueur économique de la rive sud de la Méditerranée.
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L’Égypte, deuxième économie du continent, s’appuie sur une population de plus de 110 millions d’habitants, un canal de Suez stratégique et un secteur du gaz naturel en plein essor. Le pays a récemment multiplié les réformes pour attirer les investissements étrangers, malgré une inflation persistante et une pression sur sa balance des paiements.
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L’Algérie, troisième puissance nord-africaine, profite de la remontée des prix des hydrocarbures pour renflouer ses réserves et financer son vaste programme d’investissement public. Le pays mise sur la diversification de son économie, avec des projets dans l’industrie pharmaceutique, les énergies renouvelables et l’agriculture.
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Le Maroc, enfin, s’impose comme un hub régional incontournable, grâce à son automobile, son aéronautique, ses phosphates et son tourisme. Le royaume chérifien mise également sur les énergies vertes et a su tisser des partenariats stratégiques avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
Nigeria et Afrique du Sud : les deux piliers subsahariens
En Afrique subsaharienne, deux pays tirent leur épingle du jeu : le Nigeria et l’Afrique du Sud.
Le Nigeria, avec ses plus de 220 millions d’habitants, est le géant démographique du continent. Sa production pétrolière, bien que soumise aux aléas du marché et aux vols dans le delta du Niger, reste le moteur de son économie. Le pays tente de diversifier ses revenus vers les services numériques et l’agriculture, mais la transition est lente et freinée par des déficits d’infrastructures.
L’Afrique du Sud, comme évoqué, complète ce duo subsaharien. Ensemble, ces deux nations représentent à elles seules une part substantielle du PIB de l’Afrique subsaharienne, illustrant la concentration régionale de la richesse.
Une concentration qui interpelle
Cette répartition de la richesse – cinq pays pour la moitié du PIB – soulève plusieurs questions. D’abord, celle de la fragilité : un choc économique touchant l’un de ces pays aurait des répercussions sur l’ensemble du continent. Ensuite, celle de l’inclusion : comment les 49 autres pays africains peuvent-ils rattraper leur retard et bénéficier de la croissance régionale ?
La ZLECAf, entrée en vigueur en 2021, est précisément conçue pour faciliter les échanges intra-africains, réduire les barrières tarifaires et stimuler les investissements transfrontaliers. L’objectif est de créer un marché unique de 1,4 milliard de consommateurs et de permettre à davantage de pays de monter en gamme.
Et demain ?
Si la prépondérance de ces cinq économies devrait perdurer dans les années à venir, des pays comme le Kenya, l’Éthiopie ou le Ghana affichent des taux de croissance à deux chiffres et pourraient, à terme, bousculer le classement. La transformation numérique, les énergies renouvelables et l’industrialisation progressive laissent entrevoir un avenir plus multipolaire pour l’économie africaine.
En attendant, le quintet Afrique du Sud – Égypte – Nigeria – Algérie – Maroc continue de porter, à lui seul, la moitié du PIB du continent, confirmant à la fois leur poids et la nécessité d’une convergence économique plus large.
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