La dépréciation du dinar tunisien : impact réel sur le panier de la ménagère

La dépréciation du dinar tunisien : impact réel sur le panier de la ménagère

La dépréciation du dinar tunisien : impact réel sur le panier de la ménagère

Le dinar tunisien reste faible face aux principales devises et la hausse des prix en Tunisie reste tangible pour les ménages. Entre inflation officielle encore élevée et besoins quotidiens qui deviennent plus coûteux, la question centrale est : la dépréciation du dinar pèse‑t‑elle réellement sur le panier de la ménagère ? Les données officielles et les dynamiques économiques clés montrent une relation directe entre taux de change, inflation importée et pouvoir d’achat réel.

Contexte : inflation & dépréciation du dinar

Inflation en Tunisie

  • 5,3 % taux d’inflation sur l’ensemble de 2025 selon l’INS.
  • 4,9 % en décembre 2025, légèrement en baisse mais toujours élevé.
  • Hausse de prix alimentaires persistante, légumes et viande encore à deux chiffres dans plusieurs catégories.

Taux de change du dinar

  • En 2025, 1 EUR ≈ 3,38 TND en moyenne, avec des variations autour de ce niveau.
  • 1 TND ≈ 0,349 USD (début 2026), stabilité récente mais volatilité demeure.
  • Historique : le dinar s’est progressivement affaibli face à l’euro depuis 2011, passant de ~2 TND/EUR à plus de 3 TND/EUR.

Taux de change & inflation importée : corrélation logique

Mécanisme

  • Dépendance aux importations : énergie, céréales, intrants industriels, produits alimentaires transformés.
  • Quand le dinar s’affaiblit, le coût des biens importés en dinars augmente automatiquement.
  • Inflation importée : hausse des prix des intrants et produits finis importés se répercute sur l’ensemble de l’IPC.

Effet mesurable

  • Les biens importés pèsent davantage dans les dépenses quotidiennes (alimentaire transformé, énergie, médicaments, équipements ménagers).
  • Énergie plus chère → coûts de transport et production pour tous les secteurs.
  • Impact multiplié par les marges et les circuits de distribution qui amplifient la transmission des prix.

Transmission des coûts :

  • Prix alimentaire en hausse à deux chiffres pour plusieurs produits de base malgré inflation globale modérée.

Impact pratique sur le panier de la ménagère

Composantes sensibles

  • Alimentation de base : légumes frais +21 %, fruits +20 %, viande ovine ~20 % sur un an.
  • Produits transformés et services : augmentation dans de nombreux segments, y compris vêtements et services liés à la vie quotidienne.

Résultat net pour le ménage

  • Pouvoir d’achat réel en recul, même quand l’inflation globale ralentit légèrement, parce que les biens essentiels augmentent plus vite que l’inflation.
  • Le dinar faible renchérit les coûts importés, ce qui se traduit par des prix plus élevés pour l’énergie, les denrées et certains biens durables.
  • Salaires stagnants ou en hausse limitée ne compensent pas ce déséquilibre, ce qui érode le pouvoir d’achat réel des familles.

Taux de change vs inflation

  • Des études économiques (hors période la plus récente) suggèrent qu’après libéralisation des changes, la corrélation entre taux de change et inflation s’est renforcée significativement.
  • Plus le dinar reste faible, plus les pressions à la hausse sur l’IPC importé se font sentir, particulièrement sur les biens non domestiques.

Conclusion

  • La dépréciation du dinar ne se traduit pas systématiquement par une hausse directe de l’inflation globale instantanée, mais elle alimente l’inflation importée, surtout sur les biens essentiels.
  • Cela pèse clairement sur le panier de la ménagère, en particulier pour les catégories à forte composante importée.

Une inflation modérée « officielle » ne reflète pas toujours la pression ressentie sur les produits les plus achetés.

Meher BA

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