Tunisie : pays le plus risqué d’Afrique pour les entreprises en 2026

Le signal est clair.
En 2026, la Tunisie obtient la note D4, le niveau de risque le plus élevé du Country Risk Atlas publié par Allianz Trade.

Concrètement :

  • Risque commercial élevé
  • Probabilité d’impayés forte
  • Fragilité financière accrue

Pour les entreprises locales et étrangères, le climat des affaires se détériore.

Tunisie risque pays 2026 : que signifie la note D4 ?

Le classement d’Allianz Trade évalue :

  • Le risque de non-paiement des entreprises
  • La solidité macroéconomique
  • La stabilité politique et sociale
  • L’environnement réglementaire

La note D4 correspond au niveau de risque maximal. Cela implique :

  • Délais de paiement plus longs
  • Taux d’impayés plus élevés
  • Accès au financement plus difficile
  • Assurance-crédit plus coûteuse

Dans les faits, cela renchérit le coût des transactions et réduit l’appétit des investisseurs.

Pourquoi le climat des affaires en Tunisie se dégrade ?

1️⃣ Fragilité macroéconomique persistante

Quelques chiffres clés :

  • Croissance 2023 : 0,4 % (INS)
  • Dette publique : environ 80 % du PIB
  • Inflation moyenne 2023 : 9 %
  • Déficit budgétaire : autour de 6 % du PIB

L’économie reste peu diversifiée. Les hydrocarbures, les phosphates et le tourisme demeurent dominants.

Points critiques :

  • Production de phosphates inférieure aux niveaux de 2010
  • Dépendance énergétique élevée
  • Faible montée en gamme industrielle

Résultat : vulnérabilité aux chocs externes.

2️⃣ Tensions sociales et chômage structurel

Le chômage reste un facteur central :

  • Taux de chômage global : environ 16 %
  • Chômage des jeunes diplômés : supérieur à 30 %

Les tensions sociales :

  • Grèves récurrentes dans les secteurs publics
  • Pression salariale sur les finances de l’État
  • Climat d’incertitude pour les investisseurs

Dans un contexte de croissance faible, ces tensions pèsent directement sur le risque pays de la Tunisie.

3️⃣ Environnement réglementaire contraignant

Le modèle économique tunisien reste marqué par :

  • Licences d’importation
  • Quotas
  • Réglementation sectorielle lourde
  • Protection de certains marchés domestiques

Pour une entreprise étrangère :

  • Barrières à l’entrée élevées
  • Procédures longues
  • Manque de visibilité réglementaire

Ce cadre limite l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Comparaison régionale : la Tunisie décroche

Le contraste est net. Selon le même rapport :

  • Maroc : B1
  • Côte d’Ivoire : B2
  • Algérie : C2
  • Kenya : C3
  • Égypte : D3
  • Tunisie : D4

Observations :

  • Le Maroc bénéficie d’une stratégie industrielle orientée export (automobile, aéronautique)
  • La Côte d’Ivoire affiche une croissance robuste, souvent supérieure à 6 % ces dernières années
  • L’Algérie profite de la rente énergétique
  • Le Kenya reste dynamique sur les services et la tech
  • L’Égypte traverse une crise monétaire, mais reste mieux classée

La Tunisie se retrouve en bas du tableau africain.

Impayés et risque entreprises : ce que cela change concrètement

Pour les opérateurs économiques :

  • Hausse du risque d’impayés
  • Conditions bancaires plus strictes
  • Réduction des lignes de crédit
  • Assurance-crédit plus sélective

Pour les PME tunisiennes :

  • Trésorerie sous pression
  • Dépendance accrue aux délais clients
  • Difficulté d’accès aux marchés extérieurs

Pour les investisseurs étrangers :

  • Prime de risque plus élevée
  • Arbitrage en faveur du Maroc ou de l’Afrique de l’Ouest
  • Décisions d’implantation reportées

Le climat des affaires en Tunisie en 2026 devient un facteur dissuasif.

 

ce que révèle le Country Risk Atlas

Ce classement ne tombe pas du ciel. Depuis 2011 :

  • Instabilité politique chronique
  • Réformes structurelles incomplètes
  • Dépendance aux financements extérieurs
  • Négociations répétées avec le Fonds monétaire international

Sans réforme fiscale, énergétique et réglementaire profonde, le risque pays de la Tunisie restera élevé.

Signal d’alerte, pas fatalité

La note D4 n’est pas une condamnation définitive.
Mais c’est un avertissement clair :

  • Rétablir la confiance
  • Stabiliser le cadre réglementaire
  • Relancer l’investissement productif
  • Accélérer la diversification économique

Sans cela, le coût du capital continuera d’augmenter et la Tunisie restera classée parmi les pays les plus risqués d’Afrique pour les entreprises.

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