Indice de Perception de la Corruption 2025 : la Tunisie bloquée à la 91ᵉ place mondiale

La Tunisie ne progresse pas.
Elle ne recule pas non plus.
Elle stagne.

Selon le dernier Indice de Perception de la Corruption (IPC) publié par Transparency International, la Tunisie conserve :
Score : 39/100
Rang mondial : 91ᵉ

Même score et même position que l’an dernier.
Un pays figé sous la barre des 50 points, seuil considéré comme critique.

Comprendre l’Indice de Perception de la Corruption (IPC)

L’IPC évalue la perception de la corruption dans le secteur public.
Quelques repères :

  • Échelle : 0 (très corrompu) → 100 (très intègre)
  • Pays évalués : 180
  • Sources : enquêtes d’experts, institutions internationales, milieux d’affaires
  • Moyenne mondiale : 43/100

La Tunisie affiche 39, restant sous la moyenne mondiale.
Pour les investisseurs, ce score est un indicateur de risque institutionnel, de prévisibilité réglementaire et de fiabilité administrative.

Classement mondial : une stagnation qui coûte

Position tunisienne :

  • 91ᵉ sur 180
  • Score : 39
  • À égalité avec : Maroc, Inde, Albanie, Maldives

Cela place la Tunisie dans la moitié inférieure du classement.

À l’opposé du tableau : Danemark, Finlande, Singapour dépassent régulièrement 85/100.
Le différentiel dépasse 45 points avec la Tunisie.
Ce n’est pas symbolique.
Cela influence directement :

  • Le coût du capital
  • La confiance des investisseurs
  • Les flux d’IDE
  • La notation souveraine

Classement en Afrique : 13ᵉ position

En Afrique, la Tunisie occupe la 13ᵉ place.
Derrière : Ghana (76ᵉ mondial), Afrique du Sud (81ᵉ), Burkina Faso (84ᵉ)
Devant : Éthiopie, Gambie
Leader africain : Seychelles (24ᵉ mondiale)
L’écart avec la Tunisie est massif.

Monde arabe : 9ᵉ place, position intermédiaire

Dans le monde arabe, la Tunisie est 9ᵉ.
Elle est devancée par : Koweït, Bahreïn, Jordanie
En tête régionale : Émirats arabes unis (21ᵉ mondiale)
La Tunisie reste toutefois devant : Algérie (109ᵉ), Égypte (130ᵉ)

Lecture stratégique : la Tunisie n’est ni un bon élève régional, ni un cas critique.
Elle occupe une zone intermédiaire, sans dynamique claire.

Pourquoi ce score IPC est stratégique pour la Tunisie

Un score de 39/100 signifie :

  • Institutions perçues comme vulnérables
  • Manque de transparence dans les marchés publics
  • Faible efficacité des mécanismes de contrôle
  • Risque réputationnel

Historique rapide :

  • Après 2011, la Tunisie avait brièvement progressé
  • Depuis plusieurs années : stagnation

Pour un pays en tension budgétaire, en négociation avec les bailleurs internationaux, l’absence d’amélioration est un signal négatif.

Lecture économique : corruption et croissance

Corrélation observée au niveau mondial :

  • Pays au-dessus de 70/100 : meilleure attractivité, systèmes judiciaires solides, moins d’incertitude réglementaire
  • Pays sous 50/100 : prime de risque plus élevée, fuite des capitaux, investissements concentrés dans des secteurs à rente

La Tunisie reste dans cette deuxième catégorie.
Pour un investisseur, le message est simple : risque institutionnel présent, visibilité limitée, décisions plus coûteuses.

Ce que révèle la stagnation tunisienne

L’élément clé n’est pas le rang, mais l’absence de progression.
Même score et même position.

Cela traduit :

  • Des réformes incomplètes
  • Des mécanismes anticorruption peu efficaces
  • Une perception internationale figée

Dans un contexte de concurrence régionale accrue, notamment face aux Émirats ou aux économies africaines réformatrices, l’inaction devient un handicap structurel.

Le signal est clair

La Tunisie n’est pas en crise extrême sur l’IPC.
Mais elle n’avance pas.

À 39/100, elle reste dans la zone de faiblesse, sous la moyenne mondiale, et en retrait face aux leaders africains et arabes.

Pour changer la trajectoire :

  • Renforcement de la transparence budgétaire
  • Indépendance des organes de contrôle
  • Digitalisation des marchés publics
  • Protection effective des lanceurs d’alerte

Sans amélioration mesurable, le pays restera perçu comme un environnement à risque modéré mais persistant.
Et dans l’économie globale actuelle, la perception pèse autant que la réalité.

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