La Tunisie a son Observatoire de la propriété des médias (Media Ownership Monitor). Il s’agit d’une initiative de l’organisation Reporters sans frontières (Rsf) et de l’association Al-Khatt.
L’observatoire a été officiellement lancé ce 12 juillet 2016. Il s’agit d’une plateforme électronique sur laquelle il sera possible de trouver les données sur les différents supports médiatiques en Tunisie (télévision, radio, presse écrite et électronique). Des informations seront fournies sur les propriétaires des principaux organes de presse ainsi que les relations que ces médias entretiennent avec le monde politique et le monde économique. Il sera ainsi possible de connaître les véritables patrons de la presse et ceux-là qui concentrent entre leurs mains plusieurs supports de communication.
L’Observatoire de la propriété des médias a reçu pour mission d’éclairer le public sur les intérêts qui se cachent derrière les supports médiatiques, sur les batailles pour le contrôle de ce secteur d’activité et les pressions exercées sur les entreprises de presse.
L’observatoire a été lancé au lendemain de la publication d’un rapport de l’organisation « I Watch » qui dénonce la corruption et l’évasion fiscale que pratiqueraient la chaîne Nessma Tv et le groupe de communication Karoui & Karoui. Des dérives attribuées, par le document, à l’engagement politique du patron de ces entreprises, à savoir Nabil Karoui, devenu membre du bureau exécutif du parti au pouvoir, Nidaa Tounes.
L’un des principaux combats de la Haica, en Tunisie, est de libérer les médias audiovisuels du contrôle des hommes politiques. En 2014, l’organe de régulation avait fini par adopter un cahier des charges qui interdit à tout leader politique d’être à la tête d’une chaîne de télé ou de radio. Au cours des dernières années, les hommes politiques avaient beaucoup investi dans les chaînes Tv.
ECOfin